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Extrait du corrigé : Ainsi n'est-ce aucunement par défaut ou seulement par intérêt que l'homme vit en société, il est au contraire né pour cela. Les Stoïciens iront encore plus loin dans leur conception de la société comme communauté naturelle de l'homme. Ils pensaient en effet que la société des hommes ne se réduit pas à une simple juxtaposition d'individus mais qu'au contraire, elle forme une communauté vivante, les règles assurant sa cohésion étant alors assimilables à des lois naturelles qui ne peuvent dès lors pas être contestées ou remises en cause. Un droit naturel régissant la société peut dès lors être formuler, comme a tenté de le faire Cicéron dans Des biens et des maux. 2- L'« insociable sociabilité » de l'homme Pourtant, cette conception d'une humanité naturellement sociable ne semble pas aller de soi, comme l'illustre la célèbre formule de Kant qui parle au sujet de l'homme de son « insociable sociabilité ». Le rassemblement des hommes soulève en effet presque toujours des tensions au point que l'on puisse légitimement douter que ces derniers soient vraiment faits pour vivre en société. L'homme serait-il alors fait pour vivre dans la solitude ? On trouve cette idée chez Rousseau, qui postule pour sa part que seul un cataclysme extraordinaire a pu obliger l'homme à se résoudre à vivre avec ses semblables dans une société finalement artificielle, contraignante et même aliénante pour la liberté première de l'homme seul. Dans une perspective un peu différente, le philosophe anglais Hobbes (1588-1679) dénonçait également le caractère artificiel des sociétés. Pour lui, les mécanismes naturels des passions humaines (le désir, l'orgueil, la peur de mourir) entraînent fatalement une guerre perpétuelle entre les hommes.
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