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Extrait du corrigé : III La mort comme fondement du sens de l'existence : Heidegger et Blanchot -Heidegger : la mort comme évènement nécessairement à venir structure la forme même de notre existence comme "être-pour-la-mort" (Etre et temps). C'est cette possibilité fondamentale du néant de notre existence, de l'absence totale de sens, qui est en arrière-plan de nos existences : c'est donc à partir de cette pensée nécessaire (que la mort est possible, qu'elle viendra) que l'être humain conçoit ses projets, lesquels constituent le sens de son existence, comme une mise à distance consciente de la mort. -Blanchot : la mort n'est pas seulement l'évènement négatif qui vient fonder la possibilité de nos projets positifs. Elle est aussi l'évènement qui est à la fois le plus absurde, car il nous coupe de toutes nos possibilités, et le plus personnel, le plus propre à notre existence : personne ne peut mourir à notre place, notre mort est notre acte le plus individuel et solitaire. Dès lors, Blanchot sépare la mort comme phénomène naturel absurde et le "mourir" comme évènement plein du sens, suprêmement signifiant pour notre existence (L'Espace littéraire). Conclusion -La mort en tant que phénomène naturel est l'abolition de tout sens de l'existence. -Mais en tant qu'être conscient et rationnel, l'homme ne fait pas que subir la mort : il la devance comme évènement nécessaire. -Dès lors, il est inévitable que la mort affecte notre vie même, en devienne une composante fondamentale : se savoir mortel, c'est se définir soi-même comme un être vivant. La mort est donc la condition de possibilité même de tout sens de notre existence : les possibilités de notre vie se fondent sur la possibilité du néant de la mort. La mort est donc la plus importante des possibilités, celle qui transcende (dépasse) toutes les autres : mourir, c'est donc à la fois réaliser le sens le plus propre de notre existence, et atteindre sa limite, et donc l'abolir.
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