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Extrait du corrigé : LE SOLIPSISME CHEZ DESCARTES A ce moment de sa réflexion (découverte du cogito), Descartes possède une certitude indubitable. Il est; et son être c'est sa pensée. Car le doute, appuyé sur l'hypothèse du malin génie, a séparé de moi non seulement le monde, mais encore mon corps et mes sens, a exorcisé tout ce qui est simplement «mien» pour ne laisser subsister dans sa présence indubitable que ce qui est «moi», c'est-à-dire ma conscience, ma pensée. Certitude d'être et de penser, inaliénable mais unique encore. « Je suis une chose qui pense » mais « les choses que je sens et que j'imagine ne sont peut-être rien du tout hors de moi et en elles-mêmes. » Doutant du monde, certain de sa pensée et de sa seule pensée, Descartes adopte provisoirement l'attitude que les philosophes nomment «solipsisme» et qui représente la pointe extrême de l'idéalisme : il n'est pas pour moi d'autre être que ma propre pensée. Le solipsiste est-il, comme disait Schopenhauer, «un fou enfermé dans un blockhaus imprenable » ? Le moi peut-il sortir de lui-même ? Nous sommes vraiment seuls et dans l'ignorance. L'explication subjectiviste conduit ainsi tout droit au solipsisme selon qui je ne peux jamais savoir avec certitude ce que les autres pensent ou expérimentent, et même qu'ils existent ! Pour tout ce que j'en sais, c'est que je suis le seul à percevoir, expérimenter; bref, à exister.
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