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Sujet : Peut-on être citoyen du monde ?

Extrait du corrigé : Car c'est d'une question de principe qu'il s'agit. Et c'est là ce qui fait tout le prix de cette thèse selon laquelle le monde progresse du mal vers le bien. Il y a, dit Kant, qui semble bien épouser cette position, dans la "nature humaine", une disposition à ce progrès. Il ne vient pas du dehors, il est interne à l'homme. Reste ouverte la question de savoir par quelle médiation la nature accomplit en l'homme, avec l'homme, un tel progrès. Appartient-il à la nature (par la médiation de l'histoire), appartient-il à l'homme (qui doit s'affranchir des déterminismes de la nature)? La question est simplement posée. D'autres textes, témoignant de la réflexion propre à Kant, y apporteront réponse. Ici, Kant se contente de poser l'opposition de la plainte et de l'opinion sur la question controversée d'un sens à donner au monde.   Les problèmes politiques sont désormais cosmopolitiques A la fin de sa vie, Emmanuel Kant rédige, sous la forme de neuf propositions, un court essai qui suggère que l'Histoire pourrait avoir un point final.

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Définitions

  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • citoyen : Qui jouit des droits propres aux membres d'une cité ou d'un État. L'individu membre du corps politique, détenant des droits politiques et participant donc au pouvoir.
  • monde : Ensemble des réalités matérielles qui constitue l'univers, mais aussi le monde humain, les relations entre les hommes.

Plan détaillé

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Analyse du sujet.

  • Un sujet classique, ouvrant toutefois à une interrogation très "moderne" et intéressante. En fait, derrière son allure "innocente", il s'enracine dans toute une tradition philosophique et exige, au fond, de solides connaissances pour être véritablement maîtrisé et traité.

  • Les connaissances requises:

     La philosophie stoïcienne est sans ambiguïté à ce propos. Pour elle, l'homme est un citoyen du monde et un fils, une parcelle du Dieu-Monde. Mais ce thème directement issu du stoïcisme se retrouve (implicitement) chez Spinoza et surtout dans la pensée moderne (Russell, etc.). Kant, pour sa part, apporte une conception du droit très intéressante, quand il s'agit d'expliciter l'idée de citoyen du monde.

  • Définition des termes:

    * "
    peut-on": le verbe pouvoir connote l'idée de possibilité, mais aussi de légitimité (a-t-on la possibilité de / a-t-on le droit de).
    Les deux idées doivent figurer dans le champ de l'analyse.

    * "
    citoyen" (du latin "civis"): qui jouit des droits propres aux membres d'une cité ou d'un État. L'individu membre du corps politique, détenant des droits politiques et participant donc au pouvoir.

    * "
    monde
    ": souvent synonyme d'univers, cad de l'ensemble des réalités matérielles données dans l'espace. Ensemble de tout ce qui existe. En une signification restreinte: la terre, le globe terrestre.

  • Le sens de l'intitulé du sujet:

    Est-il possible et légitime d'être membre jouissant de droits politiques, à l'intérieur de l'ensemble des réalités matérielles et de tout ce qui existe, d'appartenir politiquement à l'univers et non point seulement à une cité ou à une nation ?

  • La problématique du sujet:

    Comment peut-on se faire citoyen de l'univers et non d'une nation déterminée ? Est-il possible de se voir comme un fragment d'un grand tout ? Mais n'est-ce pas notre raison qui nous fait citoyen du monde ? Tous les hommes ne sont-ils pas liés par la raison universelle, raison qui anime ce dernier ?

  • L'enjeu:

    L'enjeu apparaît alors, à partir des conséquences pratiques: si nous sommes citoyens du monde, alors nous plaiderons la cause du monde et non point seulement celle de notre cité particulière. Nous agirons dans un territoire et pour un territoire chargé de repères universels. Notre cheminement politique inventera de nouvelles réponses pour un monde planétaire, celui du XXI ième siècle.

  • Plan:

    Quelle structure choisir ? Nous vous conseillons un plan simultanément progressif et dialectique.

    Problématique: n'est-ce point la raison universelle qui implique notre participation à l'univers entier ?

    1) Thèse: il n'est ni possible, ni légitime d'être citoyen du monde. Nous sommes citoyens d'une cité et d'une nation.

    2) Antithèse: Il est possible et légitime d'être membre du monde par notre raison universelle. Nous sommes citoyens du monde de par notre raison.

    3) Synthèse: il est possible et légitime d'être citoyen du monde grâce à une impartialité totale résultant du travail rationnel et l'exercice philosophique.

    Conclusion: notre raison nous fait être citoyens du monde. Monde dont la destinée ultime est celle d'un univers totalement pacifié où les hommes vivraient en harmonie grâce à l'usage de leur faculté rationnelle et raisonnable.



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